17/11/2016 - Microbiome fécal et obésité


Des chercheurs du King’s College de Londres (UK) ont mis en évidence un nouveau lien entre la diversité bactérienne dans les fécès humaines (appelée encore microbiome fécal humain) et l’importance de l’adiposité abdominale.
 
L’étude, publiée dans “Genome Biology”, montre que les patients possédant une large variété de bactéries dans leurs selles ont généralement un bas niveau de graisses abdominales. Elle apporte de nouveaux arguments pour une influence génétique dans l’obésité au travers des bactéries héréditaires présentes dans le microbiome fécal.
 
Les graisses viscérales sont les graisses corporelles stockées dans la cavité abdominale au voisinage d’un grand nombre d’organes importants et sont liées à un risque élevé de maladies métaboliques telles que les maladies cardiovasculaires et le diabète. Aucun lien n’avait été mis en évidence auparavant chez l’homme entre ce type de graisses et le microbiome fécal.
L'étude réalisée sur 1313 jumeaux de la cohorte TwinsUK a utilisé les informations génétiques sur le microbe fécal obtenues à patir d’échantillons de selles fournis annuellement par les patients.
Les résultats ont été validés en déterminant l’Indice de Masse Corporelle (IMC) comme mesure de l'obésité dans une des deux cohortes de TwinsUK. L'étude est une des plus importantes sur les liens entre le microbiome et l'obésité et s'ajoute à un ensemble des preuves suggérant des influences génétiques dans l'obésité.
 
Bien que cette recherche identifie les gènes qui sont impliqués dans l’association entre le microbiome et la graisse viscérale, d’autres travaux vont être nécessaires pour comprendre l’influence spécifique de ces gènes et comment ceci pourrait être utilisé pour de futurs traitements potentiels.
Le Dr Michelle Beaumont du Département de Recherches sur les Jumeaux et d’Epidémiologie Génétique, premier auteur de cette étude, disait “Cette étude a montré l’existence d’un lien clair entre la diversité bactérienne des fécès et les marqueurs de l’obésité et du risque cardio-vasculaire, particulièrement pour ce qui concerne l’adiposité viscérale”.
“Cependant, comme il s’agit d’une étude statistique, nous ne pouvons pas dire précisément à quel point les familles de bactéries dans le tube digestif peuvent influencer le stockage des graisses dans le corps ou si un mécanisme différent est mis en jeu dans le gain de poids”.
 “Il y a un faisceau de preuves pour suggérer que les bactéries du tube digestif peuvent jouer un rôle dans l’obésité et un nombre croissant d’études actuelles explore ceci en détails” disait le Dr Jordana Bell.
“De nouvelles études scientifiques vont être nécessaires pour comprendre comment nos bactéries intestinales peuvent influencer notre santé et si des interventions telles que les transplants fécaux peuvent avoir un impact bénéfique.”
Les limites de cette étude sont d’une part la prédominance des femmes dans la cohorte TwinsUK  qui fait que ces observations ne sont pas généralisables. D’autre part, l'étude ne s’est pas intéressée aux interactions entre le régime alimentaire et le microbiome et ne permet pas de déterminer des relations de cause à effets.
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Référence bibliographique:
1. Michelle Beaumont, Julia K. Goodrich, Matthew A. Jackson, Idil Yet, Emily R. Davenport, Sara Vieira-Silva, Justine Debelius, Tess Pallister, Massimo Mangino, Jeroen Raes, Rob Knight, Andrew G. Clark, Ruth E. Ley, Tim D. Spector, Jordana T. Bell. Heritable components of the human fecal microbiome are associated with visceral fat. Genome Biology, 2016; 17 (1) DOI: 10.1186/s13059-016-1052-7

Le contenu a été actualisé le:  17.11.2016

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