Infections sexuellement transmissibles (IST)


Par le passé, on parlait des « maladies vénériennes », en référence à Vénus, la déesse de l’amour. Puis l'appellation est devenue « maladies sexuellement transmissibles » (MST). Aujourd’hui, il faut plutôt parler d’infections sexuellement transmissibles (IST), car le mot "infection" indique que l'on peut être infecté et contagieux sans être malade. Ceci signifie que si vous êtes atteint par une IST, vous pourrez soit présenter des symptômes qui pourront attirer rapidement votre attention et celle d’un médecin, soit ne présenter aucun symptôme et dans ce cas on parle d’IST « silencieuse ». Un des risques d’une IST silencieuse est donc que vous pouvez contaminer votre partenaire (ou vos partenaires) sans même le savoir vous-même.

Les IST font partie des infections les plus fréquentes. Elles affectent plusieurs millions de personnes en France et des centaines de millions dans le monde. On connaît plus de vingt types d’IST.

Toutes les pratiques sexuelles qui comportent un contact intime (sans protection) avec une personne contaminée (infectée) par ses fluides génitaux ou son sang, sont considérées comme comportant un risque de transmission d'une IST. La plupart des IST peuvent être diagnostiquées et traitées facilement. Ce n'est qu'en l'absence d'une prise en charge qu'elles peuvent entraîner des complications et des séquelles avec également le risque d'être transmises à votre (ou vos partenaires). Il faut donc aller rapidement consulter votre médecin afin d'éviter toute complication pour vous-même et pour votre entourage, surtout si vous, ou votre partenaire, avez des rapports sexuels non protégés. Les IST que l’on ne traite pas rapidement peuvent notamment conduire à la stérilité.

Le terme ITSS (pour infection transmise sexuellement et par le sang) mérite également d’être connu car il permet d’avoir à l’esprit que certaines de ces infections peuvent être transmises par contacts sanguins aussi bien que par contacts sexuels, comme c’est le cas de l'hépatite B et du SIDA.

Les femmes enceintes ayant une IST risquent de contaminer leur fœtus ou leur nouveau-né. C’est pourquoi le dépistage des IST fait partie des soins prénataux habituels.

Il ne faut jamais négliger une IST. Ne vous soignez jamais tout seul et donc n'utilisez que les traitements prescrits par votre médecin (traitements locaux, traitements par voie orale ou par injection). Respectez également les modalités du traitement (dose, durée et rythme de surveillance - visites médicales et examens de laboratoire).

L'utilisation des préservatifs est toujours conseillée comme un moyen de prévention contre la transmission des IST. Cette prévention doit être permanente. Il faut utiliser des préservatifs même si vous êtes déjà infecté, afin d’éviter la transmission de votre infection à vos partenaires, d’éviter une nouvelle contamination par le même agent infectieux ou par un autre agent infectieux, car dans ces deux situations, votre réceptivité à l'infection est majorée et la virulence de la nouvelle infection est augmentée parce votre organisme en général, et votre appareil génital en particulier, sont fragilisés par la première infection. Il faut utiliser des préservatifs aussi après la guérison de l'infection car vous risquez toujours d'être contaminée par une autre IST, et aussi car une IST ne procure pas d'immunité contre cette infection, donc une réinfection par le même agent infectieux est toujours possible. 


Les IST les plus fréquentes sont:
• La gonorrhée (blennorragie ou gonococcie). Cette IST est due à une bactérie appelée le gonocoque ou Neisseria gonorrhoeae. Cette infection est traitée efficacement par les antibiotiques. Elle peut provoquer une sensation de brûlure au passage de l’urine, accompagnée de pertes vaginales généralement légères, parfois de pus au niveau du vagin, du pénis, ou de l’anus. Cependant, 50% des femmes et 10% des hommes atteints de gonorrhée n’ont pas ou très peu de symptômes. Si l’infection n’est pas traitée rapidement, elle peut conduire à la stérilité, tant chez la femme que chez l’homme, et à diverses autres complications dont certaines sont similaires à celles observées lors des chlamydioses.


•    Les chlamydioses sont des infections dues à une bactérie appelée Chlamydia trachomatis. On parle souvent à ce propos d’épidémie silencieuse car ce type d’IST est fréquent bien que beaucoup de gens ne réalisent pas qu’ils sont infectés. Seulement un quart des personnes infectées présentent des symptômes, de faibles pertes de pus avec une sensation de brûlure au passage de l’urine. C’est l’IST la plus fréquente dans les pays industrialisés. Cette infection bactérienne est facilement traitée par des antibiotiques mais peut avoir de graves conséquences, notamment la stérilité, si elle n’est pas traitée. Chez la femme, cette IST peut provoquer une inflammation pelvienne, avec un risque augmenté de grossesse extra-utérine (GEU), situation qui peut à son tour provoquer une hémorragie, parfois gravissime en cas de rupture de la GEU.


•    La syphilis est due à une bactérie appelée Treponema pallidum. C’est une maladie qui passe parfois inaperçue à ses débuts. Souvent la maladie débute par une ulcération appelée chancre (une sorte de plaie non douloureuse), située habituellement sur le pénis ou le vagin, mais aussi au niveau de l’anus, de la gorge ou du col de l’utérus. Le chancre peut être indolore, ne pas être remarqué et disparaître en quelques semaines. Ensuite, quelques semaines plus tard, survient une éruption cutanée qui guérit en quelques semaines ou en quelques mois. Il peut exister d’autres symptômes comme de la fièvre ou une angine. Non traitée la syphilis peut évoluer de manière latente pendant une période sans symptômes (période asymptomatique) et non contagieuse. Cependant dans un tiers des cas, il existe une évolution vers une forme tardive, également appelée la syphilis tertiaire, qui est beaucoup moins facile à traiter. Sans traitement, l'infection évolue pendant des années entraînant des lésions cardio-vasculaires, viscérales ou neurologiques. La syphilis est traitée par des antibiotiques.


•    La trichomonase est une infection due à un parasite microscopique appelé Trichomonas vaginalis. Cette IST est surtout fréquente chez les femmes où le symptôme principal est la présence de pertes. Un traitement antiparasitaire est disponible.


•    Les HPV (pour Human papillomavirus) sont responsables d’infections fréquentes sous forme de condylomes (sortes de verrues génitales) mais aussi certains types d’HPV peuvent favoriser l’apparition du cancer cervical. La détection précoce de l’infection peut réduire le risque de cancer. Un vaccin existe pour protéger contre les risques de cancer.


•    L'herpès génital est dû à un virus herpétique, appelé herpes simplex virus (HSV). Il s’agit d’un virus capable de provoquer des d’ulcérations (plaies), des inflammations (des brûlures) et des douleurs génitales sous forme de poussées récurrentes. Les douleurs sont telles qu’elles perturbent souvent la vie sexuelle. Entre chaque poussée (ou récurrence), le virus reste silencieux, caché dans l’organisme (on dit qu’il est latent), mais vous pouvez demeurer contagieux pendant ces périodes latentes. Les récurrences sont favorisées par diverses circonstances, notamment la fatigue, les règles, un stress. Une fois que le virus vous a infecté, il restera dans votre organisme toute votre vie, mais il existe des médicaments capables d’atténuer l’intensité et la durée des symptômes lors des crises récurrentes. Si vous êtes infectée et enceinte, votre bébé pourra être contaminé lors de l'accouchement surtout s'il existe des ulcérations au niveau de votre sphère génitale, provoquant un herpès néo-natal aux conséquences dramatiques. Un accouchement par césarienne est conseillé dans ce cas.


•    Les hépatites B ou C sont des infections virales qui peuvent être transmises par contact sanguin, par exemple par partage d’aiguilles et de seringues entre plusieurs personnes. Seul le virus de l’hépatite B est une IST. L’hépatite B et l’hépatite C peuvent toucher le foie (hépatite) et sérieusement l’endommager (hépatites chroniques). Quand l’inflammation (hépatite) est chronique, elle peut finir par induire une cirrhose et même un cancer du foie. Des médicaments antiviraux (les interférons) existent pour traiter les hépatites B ou C, mais leur efficacité est parfois limitée et leurs effets secondaires peuvent être assez sérieux. Un vaccin existe pour le virus B mais pas pour le virus C.


•    Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH, ou HIV en anglais) est le virus responsable du SIDA. Ce virus attaque et détruit certains des globules blancs du sang appelés lymphocytes T-auxilliaires dont le rôle est de protéger votre organisme vis à vis des attaques par les bactéries, virus, parasites, champignons ou cellules cancéreuses. Il en résulte que si vous êtes infecté par le virus HIV, la capacité de votre organisme à se défendre va baisser et vous risquez alors de développer un certain nombre d’infections ou de cancers (c’est ce que l’on appelle le SIDA). En absence de traitement, le SIDA  est généralement mortel, mais il existe des médicaments (des antirétroviraux) capables de prolonger votre vie, mais au prix d'effets secondaires parfois importants.

Si vous êtes atteint d’une IST, il faut que vous en informiez votre partenaire sexuel (ou vos partenaires) de façon à ce qu’ils puissent aller voir un médecin qui vérifiera s’ils sont eux aussi infectés et qui les fera bénéficier d’un traitement si nécessaire.

Vous pouvez vous référer à n’importe quel Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit (CDAG) pour recevoir un dépistage gratuit et anonyme, ainsi qu’un traitement. Votre médecin traitant n’est pas informé sans votre consentement.

Le dépistage des IST peut vous être proposé par votre médecin si vous avez une vie sexuelle et surtout si vous êtes un adolescent ou un jeune adulte dont les activités sexuelles sont risquées (rapports non protégés, partenaires multiples).

Si vous souffrez d’une IST, un médecin pourra vous prescrire des examens afin de vérifier que vous ne souffrez pas d’une autre IST car il n’est pas rare que l’on soit infecté par plusieurs agents infectieux différents, par exemple si vous déclarez une syphilis ou une infection herpétique, vous augmentez vos risques de contracter une autre maladie sexuellement transmissible, en particulier le virus HIV à l’origine du SIDA.

 

Autres liens:

Pour de plus amples informations, vous pouvez consulter les sites suivants:


- Organisation mondiale de la santé (OMS):
http://www.who.int/topics/sexually_transmitted_infections/fr/

- Institut de veille sanitaire (InVS):
http://www.invs.sante.fr/surveillance/ist/bulletins_ist.htm
http://www.invs.sante.fr/publications/2008/actualites_vih_sida_ist_2008/surveillance_vih_sida.pdf
http://www.invs.sante.fr/publications/2008/actualites_vih_sida_ist_2008/surveillance_ist.pdf

- Ministère de la santé:
http://www.sante-jeunesse-sports.gouv.fr/dossiers/sante/sida/transmission-diagnostic-depistage-prevention/transmission-diagnostic-depistage-prevention-consultations-depistage-anonyme-gratuites-cdag/autres-infections-sexuellement-transmissibles.html
http://www.sante-sports.gouv.fr/transmission-diagnostic-depistage-prevention-les-consultations-de-depistage-anonyme-et-gratuites-cdag.html

- Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF) et Collège des Universitaires de Maladies Infectieuses et Tropicales (CMIT): http://www.infectiologie.com/site/index.php

- Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF) et Société Française de Lutte contre le SIDA (SFLS):
http://www.corevih-martinique.org/VIH_ville-court-2009.pdf

- Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments et des Produits de Santé (AFSSAPS):
http://www.afssaps.fr/Infos-de-securite/Mises-au-point/Traitement-antibiotique-probabiliste-des-uretrites-et-cervicites-non-compliquees/(language)/fre-FR


Le contenu a été actualisé le:  04.05.2011

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