De quoi s'agit-il ?

Staphylococcus aureus, également appelé staphylocoque doré, est une bactérie qui colonise fréquemment la peau de l’homme et qui est retrouvée dans le nez chez environ 25 à 30% des adultes. S. aureus est une bactérie versatile qui peut exister soit à l’état de portage, c'est-à-dire sans être néfaste pour son hôte, soit être responsable d’infections. Cependant, la présence d’une brèche cutanée créée par une blessure ou une chirurgie ou d’une immunodépression peuvent favoriser le passage de colonisation à infection.
 

S. aureus cause fréquemment des infections cutanées localisées comme des folliculites, des furoncles et de l’impétigo. Il peut aussi être responsable d’abcès et disséminer localement ou par voie hématogène vers d’autre organes comme l’os (ostéomyélite), les poumons (pneumonie staphylococcique), le cœur (endocardite), etc. Il existe un risque de transmission, principalement par contact cutané direct, ou par l’intermédiaire d’objets contaminés de S. aureus (ex. serviettes de toilette, rasoirs, etc.) d’individus colonisés ou infectés vers d’autres individus chez qui il va pouvoir être à l’origine d’infections.

Infections acquises à l’hôpital
Les infections staphylococciques acquises lors d’un séjour à l’hôpital, dans un établissement de soins de long séjour ou d’autres structures de soins sont un défi depuis de nombreuses années. Le confinement des populations et l’usage répandu des antibiotiques ont conduit à l’émergence de S. aureus résistants aux antibiotiques notamment à la méticilline: les S. aureus résistants à la méticilline (SARM). Les infections causées par les SARM sont fréquemment résistantes à plusieurs autres classes d’antibiotiques et sont associées à des taux de morbidité et de mortalité élevés, une augmentation du coût des soins et une durée d’hospitalisation accrue. Les facteurs de risque d’acquisition d’une infection à SARM hospitalier sont nombreux et comprennent la chirurgie, un traitement antibiotique antérieur, un séjour en service de réanimation, l’exposition à des patients ou des soignants colonisés par le SARM, une hospitalisation de plus de 48 heures, et la présence de dispositifs médicaux implantables: cathéters, etc. Une stratégie de  contrôle de la dissémination de ces infections à SARM repose sur la surveillance active de la détection de SARM chez les patients, associée en cas de détection, à un isolement du patient et une politique de décolonisation. En fonction des stratégies, cette attitude est mise en place pour les patients admis en unité de soins intensifs, dans tous autres services à risque ou chez tous les patients entrant dans un établissement de santé.
 

Infections acquises dans la communauté
Les infections à SARM sont également en augmentation dans la population générale depuis quelques années. Elles ont été associées avec un nombre croissant d’épidémies, notamment dans les structures non-médicales où les individus vivent avec des contacts rapprochés: prisons, crèches et autres garderies, casernes militaires et clubs sportifs. Ces infections à SARM surviennent chez des personnes qui n’ont aucun des facteurs de risque habituellement décrit. De plus, un nombre significatif des personnes infectées ont du être hospitalisées pour prise en charge chirurgicale d’une infection cutanée initialement banale et d’infections ostéo-articulaires particulièrement sévères. Enfin, des cas de pneumonies nécrosantes, suivant une infection grippale, ont été décrits chez des enfants et des adultes jeunes conduisant à leur décès dans 75% des cas malgré un traitement antibiotique adapté.

Jusqu’à récemment, le problème provoqué par les SARM acquis dans la communauté (SARM-AC) a été négligé par le monde médical. Historiquement, les médecins ont traité les infections staphylococciques avec, en fonction de leur sévérité, soit des traitements antiseptiques, soit des traitements antibiotiques standards. Les cultures bactériennes afin d’identifier le microorganisme et sa sensibilité aux antibiotiques, n’étaient pas systématiquement réalisées sauf dans le cas d’infections extensives ou d’échecs du traitement initial. Cependant, avec les SARM-AC, ces options hérapeutiques conventionnelles ont souvent échoué. Un nombre significatif des personnes infectées ont été hospitalisées et quelques patients, dépourvus de facteurs de risque, sont décédés d’une infection à un SARM-AC.

Les investigations de ces épidémies ont révélé que le SARM-AC s’était disséminé à partir d’un malade colonisé ou infecté par l’intermédiaire: d’un contact cutané (par les abrasions ou les coupures cutanées occasionnées par le sport par exemple), de gouttelettes issues du tractus respiratoire, ou d’une exposition à des objets contaminés, tels que les équipements sportifs partagés, les serviettes de toilette, les jeux, etc. Des études ont également montré que les souches de SARM-AC sont génétiquement distinctes de celles responsables des infections à SARM hospitaliers. Les SARM-AC sont résistants à la méticilline et aux antibiotiques apparentés (oxacilline, dicloxacilline, nafcilline) mais demeure le plus souvent  sensibles aux autres familles d’antibiotiques.

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Le contenu a été actualisé le:  09.03.2011

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