Maladies thyroïdiennes fréquentes

Il y aurait 5 millions de français affectés à divers titres par une maladie de la thyroïde. Les plus fréquentes de ces maladies sont:


La maladie de Basedow est une maladie thyroïdienne chronique auto-immune dans laquelle le système immunitaire du malade produit des anticorps appelés TSI (Thyroid stimulating immunoglobulins). Ces anticorps dont la structure est proche de celle de la TSH, stimulent ainsi la production d'hormones thyroïdiennes par la thyroïde. C’est la cause la plus fréquente d’hyperthyroïdie. Elle est plus fréquente chez la femme. Une exophtalmie et un goitre sont également retrouvés dans la maladie de basedow. Une partie du diagnostic repose sur la mise en évidence des TSI.

Les thyroïdites sont caractérisées, comme leur nom l’indique, par une inflammation de la thyroïde. Ce sont des maladies fréquentes, touchant préférentiellement les femmes. Elles peuvent être accompagnées de douleurs ou être asymptomatiques. On distingue les thyroïdites auto-immunes des thyroïdites non auto-immunes. Il existe diverses formes de thyroïdites auto-immunes dont la plus connue est peut-être la thyroïdite de Hashimoto (ou thyroïdite lymphocytaire chronique). Dans ces pathologies, on peut apprécier le degré de participation auto-immune par la mesure des titres d'anti-TPO (anticorps anti-thyroperoxydase) dont les titres sont en général élevés. La positivité à concentration élevée des anticorps anti-TPO de manière persistante est surtout évocatrice de la thyroïdite de Hashimoto. Tandis que l’évolution naturelle de la thyroïdite de Hashimoto est l’hypothyroïdie, les autres formes de thyroïdites auto-immunes, qui sont les plus fréquentes, évoluent en trois phases: hyperthyroïdie, hypothyroïdie, puis retour à l’euthyroïdie. Il existe également diverses formes de thyroïdites non auto-immunes, et notamment les thyroïdites aiguës d’origine infectieuse microbienne, virale ou parasitaire, ou encore les thyroïdite iatrogènes (généralement liées à la prise de médicaments tels que l’amiodarone, les interférons ou les interleukines). Dans ces thyroïdites non auto-immunes, les titres d'anti-TPO sont en général modérés et transitoires. Tandis que la thyroïdite subaiguë de De Quervain évolue en trois phases (hyperthyroïdie, hypothyroïdie, puis retour à l’euthyroïdie), les autres formes non auto-immunes sont d’évolution plus variable.

Les nodules thyroïdiens correspondent à une hypertrophie localisée du parenchyme thyroïdien facilement mise en évidence par la palpation et surtout l’échographie thyroïdienne. Il s’agit également d’une pathologie fréquente puisqu’elle concernerait environ 5% de la population féminine (et 1% des hommes). Le dosage de la TSH est le premier examen à réaliser. Une valeur basse oriente vers un nodule fonctionnel, éventuellement extinctif vis à vis du reste du parenchyme thyroïdien ou responsable d'une hyper-hormonémie thyroïdienne et de thyrotoxicose. La scintigraphie thyroïdienne est alors l'examen recommandé. Une valeur normale de TSH est en faveur de l'euthyroïdie. Ce sont alors, l'échographie et la ponction à l'aiguille fine pour l'étude cytologique qui sont à préférer pour orienter le diagnostic et la prise en charge thérapeutique, en sachant que la grande majorité des nodules ne sont pas cancéreux, mais à l’occasion un nodule peut être cancéreux et nécessite alors d’être traité.

Les goîtres correspondent à une augmentation du volume de l'ensemble de la thyroïde. Ce qui différencie le goitre simple des autres formes de goitre est qu’il ne fait pas partie des pathologies thyroïdiennes telles que maladies de Basedow ou d’Hashimoto, goitre multinodulaire toxique, goitre lié à un trouble de l’hormonogénèse ou cancer occupant toute la glande. Le goitre simple est largement favorisé par une carence iodée, même modeste. Par définition un goitre simple correspond donc à une hypertrophie thyroïdienne diffuse, normo fonctionnelle, non inflammatoire et non cancéreuse. Par le passé, cette situation était fréquente et liée à un déficit alimentaire en iode. Depuis que le sel de cuisine est supplémenté en iode, les goitres sont moins fréquents, mais le goitre simple n’est pas rare à l’échelle mondiale, avec des variations très importantes de prévalence selon les régions. En présence d'un goitre diffus, et en l'absence de signe clinique de dysthyroïdie, la normalité de la concentration de TSH est suffisante pour confirmer l'euthyroïdie. Si le parenchyme thyroïdien est souple, homogène et indolore, il n'est pas réellement indispensable de prescrire de bilan inflammatoire ni un dosage des anticorps antithyroïdiens. Une TSH basse révèle le passage à la toxicité. Un goitre simple, au début homogène, va au bout de quelques années être le siège de tumeurs (adénomes, rarement cancers) ou de pseudotumeurs (zones de remaniement définissant des nodules limités par des zones de fibrose). Cliniquement le goitre devient donc multi-nodulaire. Les lésions sont irréversibles. Quand les nodules néoformés sont fonctionnels (nodules chauds captant l'iode) et autonomes vis à vis de la TSH (synthèse de T4 ou T3 indépendante de la TSH circulante), leur activité s'additionne au fur et à mesure des années et peut devenir thyrotoxique (goitre multi-nodulaire toxique). La prise exogène d'iode est un facteur qui favorise ce passage à la toxicité. Ces excès d’iode ne sont pas alimentaires mais iatrogènes (amiodarone, produits de contraste iodés, antiseptique iodés). L'augmentation du volume du goitre et l'apparition de nodules peut entraîner des signes de compression locale en particulier lorsque le goitre a une extension endothoracique, ce qui peut entraîner des difficultés à respirer ou à s’alimenter. Enfin, le développement d’un goitre multinodulaire rend difficile la recherche d'un carcinome au sein des nombreux nodules.


Les cancers de la thyroide sont des cancers rares qui se développent habituellement sous la forme d’un nodule situé au sein de la glande thyroïde qu’elle soit de taille normale ou augmentée (goître). Ce cancer est plus fréquent chez les sujets jeunes. Son pronostic est bon dans sa forme papillaire puisque la guérison se produit dans 90 % des cas. Le cancer de la thyroïde représente environ 1% des cancers survenant dans la population générale en France. Son incidence annuelle est faible soit environ 2,5 pour 100 000 personnes. La classification de la maladie est importante car de sa détermination découle l'attitude diagnostique et thérapeutique.

Suivant la classification histologique internationale, on distingue quatre types histologiques principaux de carcinome de la thyroïde: les épithéliomas papillaires, les épithéliomas vésiculaires (ou folliculaires, terme anglo-saxon), les épithéliomas médullaires, les épithéliomas anaplasiques (ou indifférenciés). Les cancers papillaires sont les plus fréquents. Ils prédominent chez les sujets jeunes et représentent environ 80 % des cancers thyroïdiens. Les cancers vésiculaires représentent environ 10 % des cancers thyroïdiens et sont surtout fréquents autour de la quarantaine. Les cancers papillaires et vésiculaires représentent le groupe des cancers thyroïdiens différenciés radiosensibles. Ces cancers sont associés à une sécrétion accrue de Thyroglobuline. Les cancers médullaires (CMT) représentent 5 % des cancers thyroïdiens et correspondent à une tumeur des cellules C ou parafolliculaires issues de la crête neurale. Les cellules C sécrètent la calcitonine, dont le dosage est un excellent marqueur de ce type de cancer. Il existe des formes sporadiques et des formes familiales de CMT. Les formes familiales peuvent apparaître dans le cadre des néoplasies endocriniennes multiples de type II (NEM 2). Les cancers anaplasiques ou indifférenciés sont rares (moins de 5 % des cas) et d’une gravité extrême. Il existe d'autres types histologiques beaucoup plus rares: épithélioma métaplasique malpighien, sarcome conjonctif, lymphome...

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Le contenu a été actualisé le:  24.02.2011

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