Electrophorèse des protéines

Synonymes: Electrophorèse des protéines sériques, Electrophorèse des protéines urinaires
Nom officiel: Electrophorèse des protéines et Immunofixation
Examens apparentés: Albumine, Protéines sériques totales et ratio A/G, Antibody Tests, Immunoelectrophoresis

Dans quel but est-il prescrit ?

L’électrophorèse est utilisée pour mettre en évidence des protéines anormales et identifier des groupes de protéines augmentées ou diminuées dans le sérum ou les urines. Elle est fréquemment utilisée pour détecter et caractériser des protéines monoclonales (un excès de production d’un type particulier et spécifique d’immunoglobulines). L’électrophorèse des protéines du sérum et l’immunofixation (IFE) sont utiles au diagnostic et au suivi évolutif spontané ou sous traitement, de maladies associées à ces anomalies touchant les protéines du sérum, comme le myélome multiple ou d’autres maladies du même genre. Elle sert aussi à mettre en évidence un phénomène inflammatoire par l’augmentation de fractions alpha et bêta, ou encore un profil caractéristique de la cirrhose du foie avec la fusion des fractions bêta et gamma (bloc ßg). Elle peut aussi mettre en évidence des déficits (souvent héréditaires) de la production de certaines protéines (déficit en alpha1-antitrypsine, en haptoglobine, en albumine…).

A l’état normal, on ne retrouve que très peu de protéines dans les urines, mais si on en détecte, que ce soit en quantité modérée ou importante, c’est qu’il y a un problème au niveau des reins. L’électrophorèse des protéines urinaires peut permettre d’identifier la cause et de juger de la sévérité de la maladie rénale. Cette maladie peut être liée à un diabète, une maladie chronique inflammatoire, parfois d’origine autoimmune, une infection bactérienne, un cancer des reins ou des voies urinaires (tumeurs de la vessie). D’ordinaire, l’analyse électrophorétique n’est pas nécessaire pour vérifier la perte rénale de protéines reliée à des affections temporaires comme les infections et l’inflammation aiguë. Elle prend toute son importance pour juger de la gravité des maladies chroniques du rein et de leur évolution. Une autre utilisation importante est la recherche d’immunoglobulines dans les urines, en particulier au cours du myélome multiple où l’immunoglobuline produite en excès dans le sérum peut être retrouvée dans les urines (et caractérisée par immunofixation); parfois, on ne la retrouve que dans les urines. Plus fréquemment, au cours de ces maladies, on retrouve dans les urines, la protéine de Bence-Jones qui constitue une fraction de l'immunoglobuline (la chaîne légère) produite en excès, et qui par à cause de sa taille, passe aisément dans l’urine (normalement, les anticorps sont formés de quatre chaînes, deux identiques appelées chaînes lourdes et deux autres identiques appelées chaînes légères). Parfois, dans le myélome multiple, ou dans des maladies apparentées, seules les chaînes légères sont produites et on peut les identifier par immunofixation dans le sérum et l’urine.

 

Quand est-il prescrit ?

Quand votre médecin suspecte un myélome multiple, avec des signes cliniques qui le suggèrent: douleurs osseuses, anémie, fatigue excessive, fractures spontanées, infections fréquentes… Cet examen peut aussi être utilisé à la suite de résultats anormaux montrant une augmentation ou une diminution des protéines du sérum, des protéines urinaires élevées, un calcium sanguin élevé, une anomalie portant sur le nombre de globules rouges ou de globules blancs. L’immunofixation est normalement demandée quand l’électrophorèse des protéines révèle la présence d’une bande anormale qui pourrait être une immunoglobuline.

Ces examens sont le plus souvent prescrits lorsque votre médecin pense à une maladie conduisant à la surproduction monoclonale d’une immunoglobuline. Une fois cette maladie diagnostiquée, l’électrophorèse peut être renouvelée à intervalles réguliers pour suivre l’évolution de la maladie et son traitement: si la maladie progresse, la quantité de cette immunoglobuline monoclonale augmente, et si le traitement est efficace, elle diminue. Cette production d’immunoglobuline monoclonale peut être due à une maladie cancéreuse comme le myélome multiple, mais aussi à une « gammapathie monoclonale » de signification mal définie, pour laquelle la plupart des patients n’ont pas de symptôme. Mais ces patients doivent continuer d’être suivis régulièrement car certains d’entre eux pourront développer un myélome multiple plusieurs années plus tard.

L’électrophorèse des protéines du sérum peut aussi être prescrite lorsque les symptômes que présentent le patient suggèrent une inflammation, une maladie autoimmune, une infection aiguë ou chronique, un désordre rénal ou hépatique, lors de fuites de protéines, et même si le contenu en protéines totales ou en albumine est normal ou peu modifié. L’électrophorèse des protéines des urines peut être prescrite lorsqu’on découvre des protéines dans les urines ou quand le médecin suspecte une protéine monoclonale.

 

Comment interpréter son résultat ?

L’électrophorèse des protéines et l’immunofixation donnent à votre médecin une bonne estimation de la présence de chacune des protéines du sérum. La valeur de chaque protéine se retrouve dans le profil regroupant l’ensemble des protéines du sérum et séparées par électrophorèse; à partir de ce profil on peut créer un graphe. L’intérêt de l’immunofixation se trouve dans l’identification d’un type particulier d’immunoglobuline.

Voici des exemples de situations ou de maladies qui peuvent être associées à des augmentations ou des diminutions des protéines du sérum:

Albumine: 
- diminuée dans la malnutrition protéique, les malabsorptions intestinales, la grossesse, certaines maladies rénales (en particulier le syndrome néphrotique), ou hépatiques (cirrhose ou cancer du foie), le syndrome inflammatoire, les fuites  (digestives, cutanées, urinaires) en protéines…
- augmentée dans les déshydratations

Alpha-1 globulines:
- diminuées dans l’emphysème (déficit en alpha1-antitrypsine, une maladie congénitale rare), les maladies du foie sévères…
- augmentées dans les maladies inflammatoires aiguës ou chroniques

Alpha-2 globulines:
- diminuées dans l’hyperthyroïdie et les maladies du foie sévères,
- augmentées dans les maladies inflammatoires aiguës ou chroniques et le syndrome néphrotique

Bêta-globulines:
- diminuées dans la malnutrition
- augmentées dans la cirrhose (bloc ßg), l’hyperlipémie (augmentation du cholestérol et des triglycérides) et quelques cas de myélomes multiples ou maladies apparentées

Gamma-globulines:
- diminuées dans des désordres immunitaires variés et des déficits immunitaires secondaires
- augmentées et polyclonales dans des maladies inflammatoires chroniques, la polyarthrite rhumatoïde, le lupus érythémateux disséminé, une immunisation récente; augmentées et monoclonales dans le myélome multiple (maladie de Kahler), la macroglobulinémie de Waldenström, les gammapathies monoclonales de signification indéterminée…

 

Y a-t-il d’autres choses à savoir ?

Dans les six premiers mois suivant une immunisation, les immunoglobulines peuvent être augmentées ainsi qu’au cours des traitements par la phénytoïne (Dilantin), le procaïnamide, les contraceptifs oraux, la méthadone et les immunoglobulines thérapeutiques.
Par ailleurs, l’aspirine, les bicarbonates, la chlorpromazine, les corticostéroïdes et la néomycine peuvent altérer les résultats de l’électrophorèse des protéines.


Le contenu a été actualisé le: 26.02.2011

This website is certified by Health On the Net Foundation. Click to verify. Nous adhérons aux principes de la charte HONcode .

Pour information: vérifier ici.