IGF-1

Synonymes: Somatomédine C
Nom officiel: Insuline-like Growth Factor - 1
Examens apparentés: Hormone de croissance, Glucose

D'un coup d'oeil

Pourquoi faire cet examen de biologie médicale ?

Pour diagnostiquer les maladies et les affections provoquées par un déficit ou une surproduction en hormone de croissance (GH), les affections de l’hypophyse, et surveiller l’efficacité d’un traitement substitutif par hormone de croissance.
 

 

Quand est-il demandé ?

Dans le cadre d’une évaluation de la fonction hypophysaire :
1.  chez les enfants qui grandissent plus lentement que la normale, sont de petite taille, ont un retard de développement ou chez les personnes qui présentent une diminution de la densité osseuse, une force musculaire réduite et une concentration en lipides sanguins augmentée (notamment chez les adultes), ce qui suggère une insuffisance de production de GH et d’IGF-1.
2.  lorsqu'une personne présente des symptômes de gigantisme (chez les enfants) ou d’acromégalie (chez les adultes) ce qui suggère une production excessive de GH et d’IGF-1.
3.  au cours et après le traitement des anomalies de concentrations sanguines en GH.
 

Quel type de prélèvement ?

Un échantillon de sang veineux.

 

Y a-t’il des précautions particulières à prendre avant l’examen ?

En général, aucune précaution particulière n’est requise avant cet examen, cependant, étant donné qu’il peut être effectué en même temps que d’autres examens, un jeûne d’au moins 12 heures peut être nécessaire.
 

Le prélèvement

Qu'est-ce qui est analysé ?

Le dosage de la concentration sanguine en IGF-1 (insulin-like growth factor 1) est une mesure indirecte de la quantité moyenne d’hormone de croissance (GH) produite par l’organisme. L’IGF-1 et la GH sont des hormones peptidiques (petites protéines) constituées d’une petite chaîne d’acides aminés. La GH et l’IGF-1 sont indispensables à la croissance osseuse et au développement des tissus. La GH est produite par l’hypophyse, une glande de la taille d’un raisin, qui se situe à la base du cerveau derrière le pont du nez. La GH est sécrétée dans la circulation sanguine de façon pulsatile tout au long de la journée et de la nuit, avec des pics qui se produisent la plupart du temps au cours de la nuit. L’IGF-1 est produite par le foie et un peu par les muscles, en réponse à la stimulation par la GH. Elle assure la médiation des nombreuses actions de la GH comme la stimulation de la croissance osseuse, du développement d’autres tissus et de la masse musculaire. Les excès et les carences en IGF-1 sont le miroir de celles de la GH, mais sa concentration sanguine ne varie pas au cours de la journée contrairement à la GH ce qui en fait un bon indicateur des concentrations sanguines moyennes en GH.

Les concentrations sanguines en GH et IGF-1 sont normalement faibles durant la petite enfance, puis augmentent progressivement durant l’enfance, atteignant un pic à la puberté, puis déclinent au cours de la vie adulte. Les carences en hormone de croissance et en IGF-1 peuvent être causées par des affections comme l’hypopituitarisme ou par la présence d’une tumeur de l’hypophyse ne sécrétant pas de GH et qui endommage les cellules productrices d’hormones. Les carences en IGF-1 apparaissent aussi lors d’un manque de réactivité à la GH. Cette insensibilité peut être primaire (génétique) ou secondaire à une malnutrition, aux maladies chroniques.

Un déficit qui apparait tôt dans la vie peut empêcher la croissance osseuse et le développement normal de l’organisme et peut entraîner chez l’enfant une stature plus petite que la normale. Chez l’adulte, une diminution de la production peut conduire à une faible densité osseuse, à une diminution de la masse musculaire et à une modification des concentrations sanguines en lipides sanguins.

Une production en excès de GH et d’IGF-1 peut entraîner une croissance anormale du squelette, avec des signes et symptômes caractéristiques du gigantisme et de l’acromégalie. Chez les enfants, le gigantisme se caractérise par un allongement des os, la personne devient alors très grande avec de grands pieds et de grandes mains. Chez les adultes, l’acromégalie entraîne un épaississement des os et des tissus mous comme le nez. Ces deux affections peuvent conduire à une augmentation de la taille des organes tels que le cœur, et à d’autres complications telles que le diabète de type 2, une augmentation du risque cardiovasculaire, une hypertension artérielle, une arthrite, et une diminution de l’espérance de vie. La cause la plus courante de l’hypersécrétion de GH par l’hypophyse est une tumeur de l’hypophyse produisant de la GH (habituellement bénigne). Souvent, la tumeur peut être enlevée chirurgicalement et/ou traitée avec des médicaments ou par radiothérapie. Dans la plupart des cas, les concentrations en GH et IGF-1 reviennent à des valeurs normales ou proches de la normale.
 

 

Comment l'échantillon est-il recueilli ?

L’échantillon sanguin est obtenu par ponction veineuse avec une aiguille au pli du coude.
 

L'examen de biologie médicale

Dans quel but est-il prescrit ?

La concentration sanguine en IGF-1 est dosée pour aider au diagnostic des anomalies de la croissance et évaluer la fonction hypophysaire. Elle ne fait pas le diagnostic des déficits en GH, mais peut être utilisée avec le test de stimulation à la GH pour fournir des informations supplémentaires. Les dosages des concentrations sanguines en GH et en IGF-1 peuvent également fournir des informations relatives à une insensibilité à la GH.
L’IGF-1 peut être utilisée avec le dosage d’autres hormones hypophysaires, telles que l’hormone corticotrope (ACTH), pour aider au diagnostic d’un hypopituitarisme. Elle peut être utilisée pour surveiller l’efficacité du traitement des déficits en hormone de croissance et de l’insensibilité à l’hormone de croissance.
Le dosage sanguin de l’IGF-1 et le test d’inhibition de la sécrétion de GH (test de freinage) peuvent être utilisés pour détecter une tumeur hypophysaire sécrétrice de GH. La présence d’une tumeur est confirmée par l’imagerie ce qui permet de la localiser. Si une chirurgie est nécessaire, les concentrations sanguines en GH et IGF-1 sont dosées après l’ablation de la tumeur pour savoir si elle a été totalement enlevée avec succès. Des médicaments et/ou la radiothérapie peuvent être parfois utilisés en plus ou à la place de la chirurgie afin d’essayer de diminuer la production de GH et d’IGF-1, pour revenir à des concentrations normales ou proches de la normale. Le dosage de la concentration sanguine en IGF-1 peut être utilisé pour évaluer l’efficacité de ce traitement par dosages à intervalles réguliers pendant plusieurs années, pour surveiller la production de GH et détecter une récidive tumorale.
 

Quand est-il prescrit ?

Le dosage de la concentration sanguine en IGF-1 peut être utilisé en combinaison avec d’autres examens, comme le test de stimulation à la GH, lorsqu’un enfant présente des symptômes de déficit en GH, comme un retard de croissance et une petite taille. Ils peuvent également être prescrits quand un adulte présente des symptômes que le médecin peut imputer à un déficit en GH. Un dosage de l’IGF-1 peut aussi être prescrit quand le médecin soupçonne une hypophyse fonctionnant moins bien, et lors de la surveillance des traitements substitutifs par hormone de croissance à intervalles réguliers.
Le dosage sanguin de l’IGF-1 peut être demandé en combinaison à un test d’inhibition de la sécrétion de GH (test de freinage), lorsqu’un enfant présente des signes de gigantisme, et qu’un adulte présente des signes d’acromégalie, et/ou quand un médecin suspecte un hyperpituitarisme chez un patient.
Quand une tumeur sécrétrice de GH est trouvée, les concentrations sanguines en GH et IGF-1 sont dosées après ablation chirurgicale de la tumeur pour savoir si la totalité de la tumeur a été enlevée. La concentration sanguine en IGF-1 est également dosée à intervalles réguliers quand un patient est traité par médicament et/ou radiothérapie à la place ou en plus de la chirurgie pour le suivi de l’efficacité du traitement de la tumeur.
Le dosage sanguin de l’IGF-1 peut être demandé à intervalles réguliers pendant plusieurs années pour contrôler la production de GH et surveiller s’il n’y a pas de récidive de la tumeur.
 

Comment interpréter son résultat ?

Des concentrations sanguines normales en IGF-1 doivent être interprétées en fonction du contexte clinique. Les valeurs d’IGF-1 doivent impérativement être interprétées en fonction de l’âge et du sexe.

Diminution de la concentration sanguine en IGF-1 :
Si les concentrations en IGF-1 sont diminuées, alors il est probable qu’il y ait un déficit en hormone de croissance, ou une insensibilité à l’hormone de croissance. S’il s’agit d’un enfant, le déficit en GH peut se manifester par une petite taille et un retard de développement et être traité par une supplémentation en GH. Chez les adultes, il existe une baisse de la production de GH liée à l’âge, mais des concentrations sanguines plus faibles que la normale peuvent refléter un déficit en GH ou une insensibilité à la GH.

Si une diminution de la concentration sanguine en IGF-1 est due à une diminution plus générale de la fonction hypophysaire (hypopituitarisme), d’autres hormones devront être dosées et supplémentées afin de les ramener à des concentrations normales. Le fonctionnement de l’hypophyse peut être diminué pour des raisons génétiques (héréditaires) ou augmenté à cause de dommages de l’hypophyse engendrés au cours de traumatismes, d’infections et de l’inflammation qui s’ensuit.

Une diminution de la concentration sanguine en IGF-1 peut également être observée au cours des carences nutritionnelles (y compris l’anorexie mentale), des  maladies rénales ou hépatiques chroniques, de la production de formes inactives/inefficaces de GH, et avec de fortes doses d’estrogènes.

Augmentation de la concentration sanguine en IGF-1 :
Des concentrations sanguines élevées en IGF-1 indiquent en général une augmentation de la production de GH. Les concentrations sanguines en GH varient tout au long de la journée, et les concentrations sanguines en IGF-1 sont le reflet de la concentration sanguine moyenne en GH, et non pas de la concentration réelle de GH dans le sang au moment du prélèvement de l’échantillon. Ceci n’est plus exact si la capacité maximale du foie à produire l’IGF-1 est atteinte. Lors d’une augmentation sévère de la production de GH, la concentration sanguine en IGF-1 va se stabiliser à une valeur maximale.

L’augmentation des concentrations sanguines en GH et IGF-1 est normale pendant la puberté et la grossesse, mais dans d’autres situations elle est le plus souvent due à des tumeurs de l’hypophyse (généralement bénignes). Si également d’autres hormones hypophysaires sont en concentration anormale dans le sang, alors le patient peut avoir une affection causant un hypopituitarisme global.

Si l’IGF-1 est toujours en concentration élevée après l’ablation chirurgicale d’une tumeur de l’hypophyse, la chirurgie peut ne pas avoir été totalement efficace. La diminution des concentrations en IGF-1 au cours d’un traitement médicamenteux et/ou après radiothérapie indique que le traitement abaisse la production de GH. Si les concentrations sanguines en IGF-1 reviennent à la normale, alors le patient ne produit plus des quantités excessives de GH. Quand un patient est suivi sur le long terme, une augmentation des concentrations d’IGF-1 peut indiquer une récidive de la tumeur hypophysaire.
 

Y a-t-il d’autres choses à savoir ?

Si la concentration sanguine en IGF-1 est normale mais que le médecin soupçonne fortement un déficit en GH, alors il peut demander un autre examen, comme le dosage de l’IGFBP-3 (Insulin growth factor binding protein -3, une des protéines porteuses de l’IGF-1) pour aider à diagnostiquer le déficit en GH.
 

Questions fréquentes

1- Quels sont les signes et les symptômes observés lors d’un déficit en GH et IGF-1 ?

- Chez les enfants :
*Ralentissement de la croissance au cours de la petite enfance par rapport aux normes du groupe du même âge.
*Stature plus petite que les autres enfants du même âge.
*Retard de puberté.
*Radiographie osseuse montrant un retard de croissance osseuse.
 

- Chez les adultes, des concentrations anormalement basses en IGF-1 et/ou GH peuvent provoquer des symptômes subtils, non spécifiques, tels que :
*Une diminution de la densité osseuse.
*Une fatigue.
*Des modifications notables de la concentration sanguine en lipides.
*Une diminution de la tolérance à l’exercice physique.



2- Quels signes et symptômes sont observés lors d’une production excessive de GH et d’IGF-1 ?

Chez un enfant, il n’est pas rare que la grande taille soit remarquée en premier lieu.

Chez un adulte, cela peut être plus subtil : un grand nez, des lèvres épaisses, une mâchoire plus importante, ou des bagues et des chaussures qui ne sont plus adaptées à la taille. D’autres signes peuvent exister :

Une voix grave, rauque
Une augmentation de la taille des organes (foie, cœur, reins et rate)
Une hypertrophie de la langue
Une dysfonction érectile
Une fatigue
Des maux de tête et des troubles de la vision.
Une douleur et un gonflement articulaire
Des irrégularités du cycle menstruel
Une faiblesse musculaire
Des ronflements
Une augmentation de la transpiration
Un épaississement de la peau et des phanères
Un coincement de nerfs (syndrome du canal carpien)

3- Pendant combien de temps dois-je être surveillé ?
Tant que vous avez une production anormale (faible ou élevée) de GH ou tant que vous poursuivez un traitement substitutif par GH, votre concentration sanguine en IGF-1 devra être surveillée.
 

Pour une bonne prescription

La HAS (Haute Autorité de Santé) a compétence pour donner un avis sur la pertinence de tel ou tel examen de biologie médicale, dans telle ou telle pathologie. Chaque fois qu'il existe un avis de la HAS pour l'examen concerné, nous le signalons par un lien.

Vous trouverez toute l'information sur les liens suivants:
 

- http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1193992/fr/hormone-de-croissance-chez-lenfant-non-deficitaire-maintien-au-remboursement-mais-la-vigilance-reste-de-mise

Liens

Ailleurs sur le Web :

- Club Français de l'hypophyse , http://www.sfendocrino.org/categorie/14

 

- Annales d’endocrinologie : Consensus français sur la prise en charge de l’acromégalie.