Recherche d’un portage de SARM

Synonymes:
Nom officiel: Recherche d’un portage de Staphylococcus aureus Résistant à la Méthicilline (SARM)
Examens apparentés:

Dans quel but est-il prescrit ?

Une recherche de portage de SARM consiste à recherche uniquement la présence de SARM (aucun autre germe n’est recherché). Il s’agit de rechercher une colonisation du patient par ce germe ou bien la persistance de ce germe après une infection ou une colonisation pour lesquelles un traitement antibiotique et/ou une décontamination ont été administrées. On peut aussi utiliser ce test pour déterminer la source d’une épidémie.

Certains SARM résistent à la plupart des antibiotiques anti-staphylococciques, et notamment aux aminosides, aux fluoroquinolones, à la rifampicine, aux macrolides, ce qui pose parfois des problèmes thérapeutiques complexes, surtout quand il arrive, heureusement exceptionnellement, que les glycopeptides (vancomycine) soient aux-aussi inactifs.

Pour mettre en évidence un SARM, le moyen le plus utilisé consiste à mettre en culture le prélèvement nasal (ou autre) dans un milieu nutritif adapté, qui se présente généralement sous forme d’une mince couche de gélose nutritive placée dans une boîte plate appelée boîte de Pétri, que l’on incube ensuite à 37°C. Cette manière de procéder apporte un diagnostic de certitude mais il peut s’écouler 1 ou 2 jours avant que les colonies de SARM apparaissent en culture. Des méthodes moléculaires, plus rapides, peuvent également être utilisées. Elles consistent à mettre en évidence un gène spécifique du SARM dans le prélèvement, par exemple le gène mecA qui confère la résistance à la méthicilline, à l’oxacilline et en fin de compte à toutes les béta-lactamines. Le résultat d’un tel test moléculaire peut être obtenu en quelques heures seulement.

Quand est-il prescrit ?

Le MRSA est apparu dans les années 1960 et a causé de multiples épidémies dans les hôpitaux, cliniques, maisons de retraite ou autres collectivités. Les infections à Staphylococcus aureus peuvent être graves (infections osseuses ou cardiaques par exemple), voire mortelles (septicémies). Les infections par les SARM entraînent des séjours hospitaliers plus long et un coût de traitement plus important avec plus d’effets délétères. Les hôpitaux considèrent donc le SARM comme un des principaux ennemis bactériens à combattre. C’est pourquoi de nombreux services hospitaliers dépistent les patients porteurs de cette bactérie afin d’isoler les porteurs et de les décontaminer, surtout dans les services où les patients sont les plus fragiles, par exemple les services de réanimation, de greffes ou transplantation, d’hémodialyse, etc. Certains services dépistent tous les patients qui y entrent, d’autres dépistent uniquement les patients qui sont les plus à risque d’être porteurs. Parfois le dépistage est effectué lors d’une épidémie pour tenter de comprendre son origine: dans ce cas, les médecins peuvent être amenés à dépister les personnels soignants voire même l’entourage des patients et/ou des personnels. Ceci est parfois complexe car 20 à 25% des individus normaux sont porteurs de Staphylococcus aureus dont 1 à 10% d’entre eux peuvent être des SARM.

Comment interpréter son résultat ?

La présence du gène mecA ou d’un SARM dans un de vos prélèvements signifie que vous êtes soit porteur de SARM (si vous ne présentez pas de signes d’infection), soit infecté (si des signes d’infection sont présents). En cas d’absence de SARM (ou d’absence de gène mecA si c’est un test moléculaire qui a été effectué chez vous), alors il est parfois nécessaire de répéter l’examen car ne pas être porteur un jour donné ne garantit pas que l’on ne devienne pas porteur le lendemain.

Y a-t-il d’autres choses à savoir ?

Quand on utilise ce test pour déterminer la source d’une épidémie, d’autres tests pourront être effectués sur les isolats de SARM suspectés d’être épidémiques afin de déterminer s’ils appartiennent ou non au(x) clone(s) épidémique(s) et/ou s’ils possèdent les mêmes facteurs de virulence. L’analyse de l’ADN bactérien, par exemple par électrophorèse en champs pulsé, constitue l’une des méthodes utilisables. On peut aussi rechercher la toxine de Panton et Valentine ou le gène de cette toxine qui est responsable d’infections particulièrement redoutées et souvent fatales.


Le contenu a été actualisé le: 27.01.2010

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