Métanéphrines plasmatiques

Synonymes: Dérivés méthoxylés plasmatiques
Nom officiel: Métanéphrines libres plasmatiques
Examens apparentés: Urine Metanephrines, Catécholamines

D'un coup d'oeil

Pourquoi faire cet examen de biologie médicale ?
Pour aider à diagnostiquer ou éliminer un phéochromocytome.

Quand est-il demandé ?
Lorsqu’une personne présente des symptômes d’hypertension artérielle persistante ou intermittente tels que des maux de têtes sévères, une fréquence cardiaque élevée, des sueurs.

Quel type de prélèvement ?
Un prélèvement de sang veineux.

Y a-t’il des précautions particulières à prendre avant l’examen ?
Certaines précautions sont importantes à respecter afin d’obtenir un résultat fiable. Vous devez arrêter tout traitement médicamenteux par adrénaline et analogues de l’adrénaline au moins une semaine avant l’examen. Il est particulièrement important de ne pas consommer d’aliments contenant de la caféine comme le café (y compris décaféiné), le thé, le chocolat, certains sodas, le tabac (cigarettes ou cigares), et de l’alcool au moins 4 heures avant le prélèvement de l’échantillon. Informez votre médecin de tous les médicaments que vous prenez car certains d’entre eux peuvent interférer avec l’examen.

Le prélèvement

Qu'est-ce qui est analysé ?

Le dosage plasmatique des métanéphrines libres permet de mesurer la quantité de métanéphrine et de normétanéphrine présente dans le sang. Ces substances sont deux métabolites dérivés de l’épinéphrine (adrénaline) et de la norépinéphrine (noradrénaline). L’adrénaline et la noradrénaline font partie d’un groupe d’hormones appelées catécholamines qui aident à réguler le débit sanguin et la pression artérielle de l’organisme notamment en réponse à un stress physique ou émotionnel. Les catécholamines sont produites par la zone médullaire (portion centrale) des glandes surrénales et sécrétées dans le sang. Une fois l’action de ces hormones terminée, elles sont métabolisées en composés inactifs. La noradrénaline est dégradée en normétanéphrine puis en acide vanylmandélique (VMA). L’adrénaline est dégradée en métanéphrine et en VMA. Ces deux catécholamines et leurs métabolites (produits de dégradation) sont normalement présents en petites quantités dans le sang et l’urine.
Une tumeur rare, appelée phéochromocytome, peut produire de grandes quantités de catécholamines, entrainant une augmentation significative des concentrations sanguines en métanéphrine et normétanéphrine. Environ 90% des phéochromocytomes se forment au sein des glandes surrénales. Bien que quelques uns soient malins, la plupart sont des tumeurs bénignes qui continuent à croître, mais qui généralement ne se propagent pas au-delà de leur emplacement d’origine.
Les cathécolamines produites par les phéochromocytomes peuvent provoquer une hypertension artérielle persistante et des épisodes d’hypertension artérielle sévère. Cela peut se manifester par des symptômes tels que des maux de tête, des palpitations, des sueurs, des nausées, de l’anxiété et des picotements des extrémités. Sans traitement, les symptômes peuvent s’aggraver au fur et à mesure que le phéochromocytome se développe. Au fil du temps, l’hypertension artérielle causée par la tumeur peut entraîner des lésions rénales, des pathologies cardiaques, et augmenter le risque d’infarctus du myocarde (crise cardiaque) ou d’accident vasculaire cérébral.
Plusieurs examens, y compris le dosage plasmatique des métanéphrines libres, peuvent être utilisés pour détecter la présence d’un phéochromocytome. Bien qu’ils soient rares, il est important de diagnostiquer ces tumeurs, car elles provoquent une hypertension artérielle curable. Dans la plupart des cas, les phéochromocytomes peuvent être enlevés chirurgicalement, ce qui fait disparaître l’hypertension artérielle et ses symptômes et évite la survenue des complications associées.

Comment l'échantillon est-il recueilli ?

Un échantillon de sang est obtenu par prélèvement veineux au pli du coude (il est conseillé de disposer d’un abord veineux pour diminuer le stress du prélèvement).
L’échantillon doit être prélevé dans certaines conditions (à jeun et après une période de repos). Il peut être nécessaire de s’allonger et de rester au repos pendant 15 à 20 minutes avant le prélèvement de l’échantillon.

 

Y a-t’il des précautions particulières à prendre pour garantir la qualité de l’échantillon ?
Des précautions particulières sont à prendre pour garantir la fiabilité du résultat. Il est nécessaire d’arrêter tout traitement par adrénaline et ses analogues au moins une semaine avant l’examen, de ne pas prendre de paracétamol 48 heures avant. Il est très important de ne pas consommer d’aliments contenant de la caféine (sodas, chocolat), de café (y compris décaféiné), de thé, de tabac (cigarettes et cigares), et d’alcool au moins 4 heures avant le prélèvement de l’échantillon. Informez votre médecin de tous les médicaments que vous prenez car certains d’entre eux peuvent interférer avec le dosage, et il peut vous demander d’arrêter ceux qui ne sont pas indispensables au moins une semaine avant l’examen. Cependant n’arrêtez jamais de prendre vos médicaments sans avoir d’abord consulter votre médecin.
 

L'examen de biologie médicale

Dans quel but est-il prescrit ?

Le dosage des métanéphrines libres plasmatiques est un examen utilisé pour aider à détecter ou à exclure la présence d’un phéochromocytome. Le dosage plasmatique des métanéphrines libres est plus sensible que celui des cathécholamines ou métanéphrines urinaires des 24 heures. Toutefois la sensibilité de ce test fait qu’il existe un certain nombre de faux positifs, notamment quand celui-ci est réalisé alors qu’il est peu probable que le patient soit atteint d’un phéochromocytome. Pour cette raison, le dosage des métanéphrines libres plasmatiques n’est pas recommandé en routine chez un large public. Son utilisation se fait principalement chez les personnes symptomatiques dont les dosages urinaires n’ont pas fourni de résultats clairement exploitables. Comme les résultats de ces dosages plasmatiques et urinaires peuvent être affectés par le stress, la caféine, l’alcool et certains médicaments, un médecin ne peut interpréter un résultat positif qu’en tenant compte du stress, de l’alimentation et des traitements médicamenteux du patient, afin d’évaluer leur influence sur le résultat, et  parfois en  répétant ces dosages pour confirmer le résultat initial.
Le dosage peut être demandé chez une personne asymptomatique si une tumeur surrénalienne est mise en évidence lors d’un examen effectué à d’autres fins ou si la personne a des antécédents familiaux de phéochromocytome. Ces tumeurs peuvent récidiver, et il existe un terrain génétique dans certains cas.

Quand est-il prescrit ?

Le dosage des métanéphrines libres plasmatiques est essentiellement prescrit quand un médecin soupçonne qu’une personne est atteinte d’un phéochromocytome ou alors veut en exclure l‘existence. IL peut le prescrire quand une personne souffre d’hypertension artérielle, de symptômes persistants ou récurrents, tels que des maux de tête, des sueurs, des bouffées de chaleur, ou un rythme cardiaque rapide. Il peut également être prescrit quand une personne souffre d’hypertension artérielle résistante aux traitements antihypertenseurs, comme c’est le cas lors d’un phéochromocytome.
Parfois le dosage peut être prescrit quand une tumeur surrénalienne est diagnostiquée alors que la personne possède des antécédents familiaux de phéochromocytome. Il peut également être utilisé comme un outil de surveillance du traitement d’un phéochromocytome.
 

Comment interpréter son résultat ?

Puisque le dosage plasmatique des métanéphrines libres est très sensible et que les phéochromocytomes sont des tumeurs rares, un médecin peut avoir davantage de faux positifs avec cet examen que de vrais positifs. La valeur prédictive négative de cette analyse est cependant très bonne. Ce qui signifie que si les concentrations sanguines en métanéphrines et normétanéphrines sont normales, alors il est peu probable qu’une personne soit atteinte de phéochromocytome.
Si une personne symptomatique ou asymptomatique présente des concentrations de métanéphrines libres plasmatiques modérément augmentées, alors le médecin va prendre en compte le traitement médicamenteux, l’alimentation et le niveau de stress afin de rechercher des interférences avec le dosage. Il peut alors demander un deuxième dosage des métanéphrines libres plasmatiques, associé éventuellement à un dosage des catécholamines ou métanéphrines urinaires sur des urines de 24 heures, pour déterminer si les concentrations en métanéphrines sont anormalement élevées. Si elles le sont, il peut prescrire des examens d’imagerie; si elles ne sont pas anormalement élevées, alors il est peu probable que la personne soit atteinte de phéochromocytome.
Si les concentrations sanguines sont élevées chez une personne qui a des antécédents de phéochromocytome alors cela peut indiquer une récidive de la tumeur.
 

 

Y a-t-il d’autres choses à savoir ?

La majorité des phéochromocytomes sont situés au niveau des glandes surrénales, sinon les autres tumeurs se situent dans la cavité abdominale. Alors que le dosage plasmatique des métanéphrines libres peut aider au diagnostic d’un phéochromocytome, il ne peut pas donner d’indication au médecin quant à la nature bénigne ou maligne de la tumeur (bien que la plupart soient bénignes).
Il peut exister un risque accru de développer un phéochromocytome transmis de façon héréditaire. Les NEM-1 et NEM-2 (Néoplasies endocriniennes multiples de type 1 et 2) sont un groupe de syndromes associés à des anomalies génétiques spécifiques. Ces anomalies génétiques augmentent le risque de développer des tumeurs d'une ou plusieurs glandes endocrines.
Plusieurs médicaments peuvent interférer avec l’examen. Consultez votre médecin pour savoir quels médicaments doivent être interrompus en toute sécurité avant de réaliser l’examen. Les aliments contenant de la caféine, comme le café, les sodas, le chocolat ainsi que le tabac peuvent interférer avec le dosage et doivent être évités avant celui-ci.
 

Questions fréquentes

1. Puis-je avoir plusieurs phéochromocytomes à la fois ?
Oui, surtout quand il y a d’importants antécédents familiaux de phéochromocytome. Une personne peut avoir une tumeur dans chaque glande surrénale ou parfois dans d’autres sites où persistent des cellules chromaffines.

2. Est-ce que la quantité de métanéphrines libres plasmatique dosée est liée à la taille de la tumeur ?
Non, elle est liée surtout aux caractéristiques de la tumeur. Une très petite tumeur peut produire des quantités importantes de catécholamines.


3. Est-il vraiment nécessaire de suivre les restrictions alimentaires et de s’allonger avant l’examen ?
Il existe un certain désaccord sur les conditions de prélèvement sanguin. Cependant les quantités de catécholamines (et de leurs métabolites) dans le sang sont affectées par l’alimentation et le stress. Pour une meilleure fiabilité de l’examen, les substances interférentes doivent être évitées et le niveau de stress physique et émotionnel doit être réduit au maximum.
 

Liens

Pour plus d'informations, vous pouvez consulter:


http://www.gustaveroussy.fr/fr/page/pheochromocytome_3340 : fiche « phéochromocytome » du site de l’Institut de Cancérologie Gustave Roussy

http://www.surrenales.com/pheochromocytome-et-paragangliome: Association surrénales, phéochromocytome et paragangliome

http://www.gustaveroussy.fr/doc/cancer/endocriniens/livret-pheo.pdf: Les paragangliomes et phéochromocytomes malins, Livret Patients de l’Institut d