Immunoglobulines

Synonymes: Immunoglobulines totales; Immunoglobuline A (IgA); Immunoglobuline G (IgG) ; Immunoglobuline M (IgM)
Nom officiel: Dosage quantitatif des immunoglobulines
Examens apparentés: Electrophorèse des protéines, Protéines sériques totales et ratio A/G

Dans quel but est-il prescrit ?
Un dosage pondéral d’immunoglobulines (Ig) est réalisé pour quantifier une Ig anormale d’une des 3 classes d’Ig (IgG, IgA et IgM) dans le sérum et parfois dans le liquide céphalo-rachidien (LCR) ou la salive. Il est utilisé pour aider au diagnostic de plusieurs situations pathologiques ou maladies qui affectent la quantité d’une ou plusieurs des classes d’Ig. Certaines situations pathologiques entraînent une augmentation tandis que d’autres entraînent une baisse des Ig ; certaines pathologies donnent à la fois une baisse de certaines classes d’Ig et une augmentation d’autre(s) classe(s) d’Ig.
 
En général, les anomalies des immunoglobulines sont classées ainsi :
 
Hyper-gammaglobulinémie
o polyclonale : conséquences de la production d’Ig par de nombreux plasmocytes différents.
o monoclonale : conséquence de la production d’un seul type d’Ig par les mêmes clones d’un plasmocyte.
 
Hypo-gammaglobulinémie
o Secondaire (acquise)
ce sont les causes les plus fréquentes et en général  la conséquence d’une pathologie sous-jacente.
o Primaire (congénitale)
ce sont des maladies rares dans lesquelles l’organisme n'est pas capable de produire une ou plusieurs classes d'immunoglobulines.
 
Un dosage d’immunoglobuline peut être demandé conjointement avec d’autres examens. Une électrophorèse des protéines sériques et/ou urinaires peut  aider au diagnostic et au suivi de pathologies associées à une production anormale, en excès d’immunoglobulines. Si une quantité excessive d’un ou plusieurs types d’immunoglobulines est diagnostiqué dans un sérum, une immunofixation sérique doit être réalisée pour déterminer si les immunoglobulines proviennent d’un clone plasmocytaire anormal (typage de la gammapathie monoclonale). Selon le type de gammapathie monoclonale, il est possible de diagnostiquer un myélome multiple, un cancer des plasmocytes. Un dosage sérique des chaînes légères libres (Kappa et Lamda) pourra compléter le bilan.  
 
Un dosage d’IgM est utile chez le nouveau-né pour dépister une infection contractée avant la naissance (congénitale).
 
 
Quand est-il prescrit ?
Un dosage pondéral des immunoglobulines est demandé quand une personne présente les symptômes d'un déficit en immunoglobulines comme des infections récidivantes  (des voies aériennes supérieures (sinus, poumons et oreilles) ou du tractus gastro-intestinal)  et/ou une diarrhée chronique.
Le dosage des immunoglobulines peut également être demandé chez un patient qui présente des signes d'inflammation chronique ou une infection chronique, si le médecin suspecte une production anormale ou en excès d'immunoglobulines. Le dosage peut être demandé régulièrement dans le suivi d’une pathologie,   chez un nouveau-né quand une infection congénitale est suspectée.
Cet examen peut également être réalisé sur le liquide céphalo-rachidien (LCR) lorsque le médecin suspecte une pathologie du système nerveux central associée à une production en excès  d'immunoglobulines.
 
 
Comment interpréter son résultat ?
Les résultats des dosages des IgG, IgA, IgM sont généralement interprétés ensemble. Un résultat anormal indique que le système immunitaire est affecté mais sans spécificité. Il peut être un indicateur d'une maladie ou d'un état pathologique.  Il faut réaliser des examens complémentaires.
Plusieurs situations pathologiques sont associées à une augmentation et/ou une diminution des immunoglobulines.
 
* Hypergammaglobulinémies
Une augmentation polyclonale des immunoglobulines peut être observée lors d’une cirrhose, d’infections, d’un syndrome inflammatoire et dans certaines tumeurs. 
Une immunoglobuline monoclonale peut être observe dans des cancers hématopoïétiques touchant des lymphocytes ou des plasmocytes : un lymphome, la maladie de Waldenström, la leucémie lymphoïde chronique et le myélome multiple. Dans ces pathologies, il y’a classiquement une augmentation franche d’une classe d’immunoglobulines et une diminution des 2 autres classes d’immunoglobulines. Bien que certains patients puissent avoir une augmentation de la totalité des immunoglobulines, ils sont en fait immunodéprimés car la majeure partie des immunoglobulines sont anormales et ne contribuent pas à une bonne réponse immunitaire.
 
Le tableau ci-dessous montre quelques exemples de pathologies causant une augmentation des immunoglobulines :
 

Dosage des Ig

Pathologies associées

Augmentation polyclonale

d’une classe ou des

trois classes d’Ig (IgG, IgA et/ou IgM)

 

·       Infection, aigue et chronique

·       Maladies auto-immunes (polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux disséminé, sclérodermie,..)

·       Cirrhose

·       Inflammation chronique, syndrome inflammatoire

·       Réactions d’hypersensibilité

·       Syndrome de Wiskott-Aldrich

·       Chez un nouveau né, une infection pendant la grossesse (congénitale) (syphilis, toxoplasmose, rubéole, CMV)

Augmentation monoclonale

d’une classe avec ou sans diminution des 2 autres classes

 

 

 

·       Myélome multiple

·       Leucémie lymphoïde chronique (LLC)

·       Gammapathie monoclonale de signification indéterminée (MGUS)

·       Lymphome

·       Maladie de Waldenström (IgM)

 
 
* Hypogammaglobulinémies
Les déficits acquis en immunoglobulines  sont ceux qui sont causés par une pathologie sous-jacente (secondaire) empêchant la synthèse normale des immunoglobulines par le système immunitaire ou des pathologies entrainant une perte accrue de protéines (lymphome, patients gravement brulés …). Des déficits en Ig peuvent être causés par des médicaments  ( immunosuppresseurs, corticoïdes, phénytoïne, carbamazépine) ou par des toxines. 
Les déficits héréditaires sont rares mais peuvent affecter la production de toutes les immunoglobulines (une seule classe ou d’une ou plusieurs sous-classes).
 
Le tableau ci-dessous résume quelques causes parmi les plus fréquentes :
 

Situation/Causes gênant la production normale d’immunoglobulines

  • Les médicaments comme la phénytoïne, la carbamazépine, les immunosuppresseurs
  • Les complications d’une insuffisance rénale ou d’un diabète
  • Retard de la production chez les nouveaux nés, en particulier les enfants prématurés

Situation causant une perte anormale de protéines

 

  • Syndrome néphrotique - pathologie rénale entraînant une perte de protéines dans les urines.
  • Brûlure étendue
  • Entéropathie exsudative - toute affection du tractus gastro-intestinal entraînant une mauvaise digestion ou absorption des protéines
 
Dans le LCR, les immunoglobulines sont normalement présentes en faible quantité. Une augmentation des immunoglobulines dans le LCR peut être observée dans des infections du système nerveux central, un syndrome inflammatoire ou la sclérose en plaque.
 
Un déficit en IgA dans la salive peut être observé dans les infections respiratoires récidivantes.
 
 
Y a-t-il d’autres choses à savoir ?
Les déficits immunitaires héréditaires sont rares et sont souvent appelés aussi déficits immunitaires primitifs. (Pour plus d’informations, voir la page liens) ; 
certains de ces troubles comprennent l’agammaglobulinémie, les déficits immunitaires communs variables (DICV), l’agammaglobulinémie liée à l’X, l’ataxie télangiectasie, le syndrome de Wiskott-Aldrich, le syndrome d’hyper-IgM et les déficits immunitaires congénitaux sévères (DICS)
 
Les enfants avec un système immunitaire normal peuvent avoir temporairement une baisse des IgG quand leur production est retardée. La protection contre les infections se perd au fur et à mesure en quelques mois quand les IgG de la mère dans le sang du nouveau-né diminuent. La quantité d’IgG reste relativement basse jusqu'à ce que le nouveau-né démarre sa production d’IgM et d’IgG. C’est pendant cette période de 3 à 6 mois que le nouveau-né est sujet à un risque accru d’infections récidivantes.
Les enfants nourris au sein ont des IgA apportés par le lait maternel. Ces IgA peuvent protéger l’enfant de certaines infections, en particulier durant la période entre la disparition des anticorps de la mère et l’apparition de ceux du nouveau-né.
Les patients porteurs de pathologies avec une baisse des immunoglobulines, n’ont pas souvent une bonne réponse immunitaire aux vaccins. Ils ne produisent pas suffisamment d’anticorps pour assurer une protection correcte et ne doivent pas recevoir de vaccins vivants, comme celui du virus de la polio ou de la rougeole.
 
Plusieurs autres types d’examens de biologie existent pour doser les anticorps dans le sang. Les patients ayant un déficit en immunoglobulines peuvent avoir un résultat faussement négatif pour certaines analyses. Par exemple, dans la recherche de maladie cœliaque, les IgA anti-transglutaminases sont recherchés. Si un patient  a un déficit en IgA, le résultat du dosage sera négatif, même s’il présente une maladie cœliaque. En pratique, le dosage des IgA doit être réalisé pour exclure ces possibilités.
S’il y a une baisse des IgG ou des IgA, ou si on suspecte un déficit en sous-classes d’Ig, le dosage des sous-classes d’Ig peut être réalisé pour détecter et confirmer ce déficit. Un déficit en sous-classe peut exister même avec un dosage de classes d’immunoglobulines normales.
Certaines personnes avec un déficit en IgA peuvent développer des anticorps anti-IgA. Si on transfuse des produits dérivés du sang contenant des IgA (comme du plasma ou des immunoglobulines thérapeutiques) à un patient ayant des anti-IgA, elle peut faire un choc anaphylactique sévère.

Le contenu a été actualisé le: 30.09.2015

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