Sérologie Maladie Coeliaque

Synonymes: Anticorps anti-transglutaminase (anti-TG); anticorps anti-endomysium
Nom officiel: Diagnostic biologique de la maladie cœliaque
Examens apparentés:

D'un coup d'oeil

Pourquoi cet examen de biologie médicale ?
 
Cet examen permet à votre médecin de savoir si vous êtes atteints de la maladie coeliaque, une entéropathie (c’est-à-dire une pathologie de l’intestin) inflammatoire chronique auto-immune provoquée par le gluten (substance fréquemment présente dans des céréales, notamment le blé, seigle et orge). 
 
 
Quand est-il demandé ?
 
Lorsque vous vous plaigniez auprès de votre médecin de troubles intestinaux (diarrhée chronique, douleur abdominale, perte de poids inexpliquée, ballonnements, ulcération buccale…) ou de troubles extra-intestinaux secondaires au syndrome de malabsorption (fatigue, retard de croissance, irritabilité chez les enfants, douleurs osseuses et articulaires, ostéoporose, infertilité, troubles hépatiques, …).
 
 
Quel type de prélèvement ?
 
Un échantillon sanguin veineux prélevé au pli du coude.

Le prélèvement

Qu’est ce qui est analysé ?
 
En cas de suspicion clinique de maladie cœliaque ou en présence d’antécédents familiaux de cette maladie, on recherche les anticorps produits au cours de la maladie. Le diagnostic de la maladie coeliaque est posé grâce à la combinaison d’arguments cliniques, biologiques et de la biopsie de l’intestin grêle qui doivent être réalisés avant le régime sans gluten (RSG) de façon à ne pas négativer les résultats.
Des auto-anticorps sont impliqués dans l’inflammation de l’intestin et la destruction de cellules intestinales aboutissant aux symptômes de malnutrition et de malabsorption. Il s’agit en général des anticorps anti-transglutaminase, anticorps anti-endomysium, anticorps anti-gliadine et anticorps anti-réticuline.
En France, selon la HAS, seule la recherche des anticorps anti-endomysium et des anticorps anti-transglutaminase a sa place dans le diagnostic de la maladie cœliaque, selon une stratégie diagnostique bien définie (voir tableau de la HAS ci-contre).
Arbre décisionnel maladie coeliaque

 

L'examen de biologie médicale

Dans quel but est-il prescrit ? 
 
Pour permettre à votre médecin de s’assurer que vous êtes atteint de la maladie coeliaque. La cause exacte de la maladie cœliaque n'est pas connue mais elle serait essentiellement d'origine immunitaire ; aussi les patients peuvent présenter d’autres pathologies auto-immunes (diabète insulino-dépendant, pathologies thyroïdiennes…). La maladie est parfois héréditaire. En Europe, la prévalence de la maladie cœliaque est de 0,5 à 1% avec deux pics de fréquence, dans la petite enfance (1 enfant sur 2500 en France) et à l’âge adulte entre 20 et 40 ans. Le tableau clinique est très variable, allant de la forme asymptomatique à la malnutrition sévère. Les formes frustres sont beaucoup plus fréquentes ( >80%) que les formes classiques avec syndrome de malabsorption.  Au moment du diagnostic, environ 50 % des patients adultes ont des manifestations extra-digestives, sans symptômes digestifs.
 
 
Quand est-il prescrit ?
 
Ces examens biologiques sont prescrits en cas de suspicion de maladie cœliaque. S’ils sont positifs, cela permet de confirmer la suspicion clinique et de décider d’une biopsie de l’intestin grêle.
 
Les anticorps de type IgA sont recherchés sauf si vous êtes porteur d'un déficit en IgA qui pourrait fausser le diagnostic en rendant un résultat faussement négatif. Dans ce cas, ce sont le immunoglobulines G qui seront recherchées: Ig G anti-TG ou anti-endomysium
 
Ces examens sont aussi prescrits  après 6 et 12 mois de régime sans gluten pour vérifier la bonne efficacité et la bonne observance d’un régime sans gluten, chez un patient suivi. La concentration d’anticorps devrait alors baisser et les symptômes s’atténuer. Une remontée des anti-TG doit faire suspecter des écarts de RSG, parfois involontaires.
 
 
Comment interpréter son résultat ?
 
Chez les patients déjà sous régime sans gluten (RSG), chez lesquels le diagnostic n’a pas été fait, les IgA anti-TG peuvent être négatifs, à fortiori si le régime est bien suivi. Dans ce cas, après avis spécialisé, on s’aidera du groupage HLA DQ2/DQ8. Si celui-ci est négatif, il a une valeur prédictive négative de MC de 100% ; on peut donc rassurer le patient. Par contre s’il est positif, c’est plus problématique, puisque 30% de la population française est DQ2. Donc on ne peut théoriquement pas éliminer le diagnostic. On peut demander au patient de réintroduire le gluten et doser les IgA anti TG à distance, mais les anticorps peuvent mettre jusqu’à un an pour se positiver et surtout les patients ne veulent pas ou ne poursuivent pas la ré-introduction du gluten car ils sont rapidement symptomatiques. On peut éventuellement s’aider de l’endoscopie avec biopsies duodénales dans ces cas, mais elle ne permet pas toujours d’avancer plus le diagnostic, à fortiori si elle est normale sous RSG.
 
 
Y a t –il  d’autres choses à savoir ?
 
D’autres examens biologiques peuvent être requis pour évaluer la sévérité de la maladie : numération-formule sanguine (pour objectiver l’anémie et l’inflammation), VS et CRP (pour évaluer l’inflammation), mais aussi dosage de ferritine, d’acide folique, de vitamine B12, de vitamine D et E (pour rechercher des carences) ; Albuminémie ;  Facteur V  (car vitamine K dépendant).
 
Une anémie ferriprive réfractaire au traitement martial, ou d’autres signes carentiels en folates ou en vitamine D, voire en Vit B12/facteur intrinsèque, une hypocalcémie ou un taux de prothrombine bas inexpliqués, doivent faire rechercher une MC.
 
Le syndrome de sensibilité au gluten non coeliaque (SGNC) est une entité clinique définie actuellement par :
- des symptômes digestifs ou extra-digestifs apparaissant rapidement à l’ingestion de gluten, disparaissant rapidement sous RSG et réapparaissant rapidement lors de la reprise de gluten,
- l’élimination d’une allergie au gluten (IgE spécifiques (RAST Gluten) et tests cutanés négatifs),
- une négativité des IgA anti-TG et une positivité des IgG anti-gliadine dans ~ 50%,
- une augmentation des lymphocytes intra-épithéliaux plus importante que la population normale mais moindre que dans la MC mais sans atrophie duodénale, 
- une positivité du groupage HLA DQ2/DQ8 dans ~ 50%, donc plus élevée que la population normale et moins que dans la MC.

Questions fréquentes

1) Y a-t-il un traitement médicamenteux pour la maladie coeliaque ?
Non, il n'y a pas pas de traitement médicamenteux mais seulement un régime strict sans gluten.
 
 
2) Lors de mon régime sans gluten, puis-je consommer tout aliment dont l'étiquettage ne mentionne pas la préence de blé .
En fait, on doit être très prudent car le blé peut être caché dans l’étiquetage sous forme d'amidon de blé, d'huile de germe de blé,… Attention aussi au produits dits "bio" contenant souvent du seigle. Pour votre régime consultez http://www.afdiag.fr
 
 
3) Existe-t-il une différence entre allergie au gluten et intolérance au gluten ?
Une allergie met en jeu le système immunitaire. Comme dans toute allergie, il y a fabrication d'anticorps IgE (Immunoglobuline E), et les réactions de l'organisme peuvent être assez violentes (urticaire, vomissements…). Ces symptômes apparaissent généralement très rapidement après l'exposition à l'allergène. Pour l'allergie au blé, il s'agit d'une allergie très rare, qui touche essentiellement les petits enfants. Elle se traduit généralement seulement par de l'urticaire. Elle disparaît presque toujours avec l'âge.
Dans l'intolérance au gluten, les mécanismes sont totalement différents. Les personnes "sensibles au gluten" ont des difficultés à dégrader le gluten. Les composés de cette dégradation incomplète vont déclencher, au niveau de leur intestin, une réaction inflammatoire.
On emploie souvent le terme d' "intolérance au gluten" lorsque la maladie coeliaque, les allergies au blé et autres maladies cliniquement proches (Le diabète de type 1, les maladies d'inflammation intestine et l'infection à helicobacter pylori) ont été écartés. Les symptômes dans les cas d'intolérance au gluten sont déclenchés par le contact au gluten et sont réduits en l'absence de gluten. 
 
 
4) J'ai été diagnostiquée cœliaque il y a 4 ans, mes anticorps sont redevenus normaux et mes villosités ont repoussé, y a-t-il un suivi médical à effectuer en dehors du contrôle des anticorps une fois par an ?
Si le régime est bien suivi, une consultation annuelle avec le dosage des anticorps anti-transglutaminases est suffisante.
 
 
5) J'ai une maladie cœliaque et je suis enceinte. Quelles précautions prendre pendant ma grossesse ?
Si vous suivez bien le régime sans gluten, il n'y a aucune précaution particulière. Vous êtes alors dans la situation de toute grossesse normale.

Pour une bonne prescription

HAS – Bon usage des technologies de santé :
 
Quelles recherches d’anticorps prescrire dans la maladie cœliaque ?