Mutation du gène MTHFR

Synonymes: mutation du gène de la MTHFR
Nom officiel: mutation du gène de la méthylènetétrahydrofolate réductase
Examens apparentés: Homocystéine, B12 & Folates, Facteur V Leiden et Mutation G20210/A du gène de la Prothrombine

D'un coup d'oeil

Pourquoi faire cet examen de biologie médicale ?
Pour déterminer la cause de concentrations sanguines modérément élevées en homocystéine (>30 et < 100 µmol/L), et pour évaluer le risque de thrombose ou de maladie cardiovasculaire prématurée.

Quand est-il demandé ?
Quand un patient présente des concentrations sanguines élevées en homocystéine, ou alors quand un parent proche possède une mutation du gène de la MTHFR ou bien a développé une maladie cardiovasculaire ou une thrombose à un âge précoce.

Quel type de prélèvement ?
Un échantillon de sang veineux.

Y-a-t’il des précautions particulières à prendre avant l’examen ?
Non, aucune.

Le prélèvement

Qu’est-ce qui est analysé ?
Le gène codant pour la méthylènetétrahydrofolate réductase (MTHFR) contrôle la production de l’enzyme MTHFR. Cette enzyme transforme une forme de folate (5,10 méthylène THF) en une autre forme (méthyl THF) qui est la forme circulante principale. La MTHFR intervient pour convertir l’homocystéine en méthionine, un acide aminé indispensable contenu dans de nombreuses protéines.

En France, le test de la MTHFR détecte une séquence d’ADN relativement courante et variable (polymorphisme d’un seul nucléotide, SNP) au sein du gène de la MTHFR, C677T. Ce SNP entraîne des modifications de l’ADN (ou mutations) et est associé à une augmentation des concentrations sanguines en homocystéine, ce qui peut augmenter le risque de survenue prématurée de maladies cardiovasculaires, de thromboses et d’AVC. Environ 10% de la population française est homozygote pour C677T. La prévalence est plus élevée au sein de la population méditerranéenne, et plus faible au sein des populations africaines et asiatiques (indiens).

Le variant C677T, encore appelé variant thermolabile entraîne l’expression d’une forme moins active de l’enzyme MTHFR. Quand une personne possède deux copies de l’allèle muté du gène de la MTHFR C677T (homozygote), il existe une diminution de l’activité de l’enzyme MTHFR ce qui ralentit la métabolisation de l’homocystéine en méthionine et peut conduire à l’accumulation sanguine d’homocystéine.
L’augmentation de l’homocystéine est souvent légère ou modérée, mais elle varie d’une personne à l’autre en fonction de l’activité résiduelle de la MTHFR. L’augmentation de la concentration sanguine en homocystéine est aggravée en cas de déficit en folates.

Les résultats de certaines études suggèrent que des quantités élevées d’homocystéine dans le sang peuvent contribuer au risque cardiovasculaire en endommageant la paroi des vaisseaux sanguins et en favorisant la formation de la plaque d’athérome (athérosclérose) et de caillots sanguins (thromboses). Cependant aucun lien direct entre les concentrations sanguines en homocystéine et le risque cardiovasculaire et thrombotique n’a été prouvé. Pour en savoir plus, consultez l’article sur l’homocystéine.

Comment l’échantillon est-il recueilli ?
L'échantillon sanguin est prélevé par ponction veineuse au pli du coude.

Y-a-t’il des précautions particulières à prendre pour garantir la qualité de l’échantillon ?
Aucune précaution particulière n’est à prendre.

L'examen de biologie médicale

Dans quel but est-il prescrit ?
La recherche de la mutation du gène de la méthylènetétrahydrofolate réductase (MTHFR) est utilisée pour détecter une mutation relativement fréquente qui est associée à des concentrations sanguines modérément élevées en homocystéine. Cette recherche n’est pas systématiquement effectuée.
Elle est parfois prescrite dans le cadre d’un suivi des concentrations sanguines en homocystéine et peut être associée à d’autres examens évaluant le risque cardiovasculaire, quand une personne a des antécédents personnels ou familiaux de maladie cardiovasculaire précoce ou de thrombose. Une recherche de la mutation du gène de la MTHFR peut parfois être demandée associée à d’autres tests d’exploration d’une anomalie héréditaire de la coagulation, tels que la recherche de la mutation du  facteur V Leiden ou prothrombine 20210 pour évaluer le risque de survenue de la formation anormale de caillots sanguins (thromboses).
Alors que la recherche de la mutation du gène de la MTHFR peut être utilisée pour aider à déterminer la cause d’une hyperhomocystéinémie sanguine, l’impact des concentrations sanguines élevées en homocystéine n’est pas clairement défini. Bien que les données de certaines études indiquent que des concentrations élevées en homocystéine dans le sang contribuent à l’augmentation du risque cardiovasculaire et thrombotique, aucun lien direct n’a été établi. La mesure de la concentration sanguine en homocystéine pour évaluer le risque cardiovasculaire n’est pas encore recommandée. L’utilisation de la mesure de la concentration sanguine en homocystéine afin d’évaluer les risques cardiovasculaire, de thrombose veineuse profonde, est contestée car plusieurs études ont montré qu’il n’y a aucun bénéfice ou diminution du risque cardiovasculaire chez les personnes qui sont supplémentées en acide folique et en vitamine B12 pour réduire leur concentration sanguine en homocystéine. Cependant, la mesure de la concentration en homocystéine doit être demandée après survenue d’un accident de thrombose inexpliqué en particulier chez le sujet jeune afin en particulier d’éliminer une homocystinurie présentant un phénotype peu marqué.

Quand est-il prescrit ?
La recherche de la mutation du gène de la MTHFR peut parfois être prescrite quand une personne a des concentrations sanguines élevées en homocystéine (> 30µmol/L), surtout quand celle-ci a des antécédents personnels ou familiaux de maladie cardiovasculaire ou de maladie thromboembolique veineuse précoces. Elle peut aussi être demandée quand un parent proche possède une mutation du gène de la MTHFR.

Comment interpréter son résultat ?
Seul un petit pourcentage des cas d’hyperhomocystéinémie est dû à une cause héréditaire. Parmi celles-ci, la mutation C677T du gène de la MTHFR est la plus courante. Une cinquantaine de mutations de ce gène ont été décrites.
Si une personne possède deux copies (homozygote) de l’allèle C677T du gène de la MTHFR, alors il est probable que des concentrations sanguines élevées en homocystéine soient dues à cette mutation génétique, ou que cette mutation y contribue.
Si la recherche de la mutation du gène de la MTHFR est négative, alors l’allèle C677T n’a pas été détecté et des concentrations sanguines élevées en homocystéine sont probablement dues à une autre cause. D’autres mutations génétiques, plus rares, du gène de la MTHFR peuvent exister mais ne seront pas détectées avec ce test.
Les personnes qui ont une mutation du gène de la MTHFR associé à d’autres facteurs de risque de thrombose, tels que les mutations du gène du facteur V (facteur V Leiden), et du gène de la prothrombine (prothrombine 20210), ont un risque accru de survenue de thromboses veineuses profondes.

Y-a-t’il d’autres choses à savoir ?
Les personnes qui ont des concentrations sanguines élevées en homocystéine peuvent avoir un risque accru de développer une maladie cardiovasculaire et/ou thrombotique précoce, mais beaucoup d’entre elles, y compris celles ayant des mutations du gène de la MTHFR ne développeront jamais de maladie cardiovasculaire ou thrombotique. Le rôle de l’hyperhomocystéinémie dans le risque cardiovasculaire n’est toujours pas élucidé à ce jour.
Outre les mutations du gène de la MTHFR, il existe d’autres causes d’élévation modérées des concentrations sanguines en homocystéine, comme la carence en vitamines B6, B12 et/ou en folates; ces vitamines sont indispensables au métabolisme de l’homocystéine.
Le variant C677T est dû à une substitution d’un acide aminé l’alanine par un autre acide aminé, la valine.
L’enzyme MTHFR est impliquée dans le métabolisme des folates. Pour cette raison, les personnes qui ont une mutation du gène de la MTHFR et qui prennent des médicaments affectant le métabolisme des folates, comme le méthotrexate, sont susceptibles de voir apparaître une toxicité secondaire à ces médicaments. Une recherche de la mutation du gène de la MTHFR peut être effectuée chez une personne qui doit être traitée par du méthotrexate en vue d’ajuster les posologies et de réduire le risque de toxicité.
Les mutations du gène de la MTHFR sont une cause rare d’homocystinurie, pathologie plus souvent due à une enzyme défectueuse perturbant le métabolisme de la méthionine qui conduit à des concentrations d’homocystéine très augmentées dans le sang et l’urine, et est responsable de multiples complications. La cause la plus fréquente de cette maladie est une carence en enzyme cystathionine bêta-synthase (CBS). Les mutations du gène de la MTHFR causant une homocystinurie ne sont  pas détectées par cet examen.

Questions fréquentes

1. Qui effectue la recherche de la mutation du gène de la MTHFR ?
Elle n’est pas effectuée dans tous les laboratoires. Dans la plupart des cas, l’échantillon sera envoyé dans un laboratoire spécialisé qui effectue cette analyse.

2. Le  gène de la MTHFR peut-il être modifié ?
Non, vous avez hérité d’une copie du gène de la MTHFR de chacun de vos parents, et elles ne changeront pas au cours du temps.

3. Si j’ai la même mutation de la MTHFR que mes parents, pourquoi ma concentration sanguine en homocystéine est-elle significativement différente ?
Même lorsque deux personnes ont des mutations identiques du gène de la MTHFR, les résultats biologiques et les risques encourus sont souvent différents. Beaucoup de facteurs peuvent influer sur la concentration sanguine en homocystéine, comme l’activité résiduelle de l’enzyme MTHFR, les concentrations sanguines en folates, et l’état de santé d’une personne.