BAAR : coloration et culture

Synonymes: Recherche de mycobactéries, Recherche du bacille de Koch (BK), Recherche de bacilles acido-alcoolo-résistants (BAAR)
Nom officiel: Mycobactéries : examen microscopique et culture
Examens apparentés: Intradermoréaction à la tuberculine (IDR) ou test à la tuberculine

Qu'est-ce qui est analysé ?

Les bacilles acido-alcoolo-résistants (BAAR) sont des bactéries (mycobactéries) en forme de bâtonnets (bacilles) qui peuvent être visualisées et dénombrées au microscope après fixation sur lame de verre et coloration spéciale (coloration qui met en évidence les propriétés d’acido-alcoolo-résistance de ces bactéries). La plupart des BAAR appartiennent au genre Mycobacterium.

Mycobacterium tuberculosis est la mycobactérie la plus fréquemment rencontrée en pathologie et la plus infectieuse. La plupart des échantillons qui sont adressés pour recherche de BAAR par coloration et culture sont prélevés parce que le médecin suspecte une tuberculose. Seules quelques-unes des plus de 60 espèces de mycobactéries connues entraînent des infections chez l’homme.

Parmi celles-ci:
M. africanum entraîne une maladie similaire à la tuberculose, principalement dans certains pays en voie de développement.
•    Le complexe Mycobacterium avium-intracellulare (MAC), peut entraîner une infection pulmonaire chez les patients immunodéprimés, comme les patients âgés ou les malades du SIDA; cette maladie n’est pas contagieuse d’homme à homme, mais est difficile à traiter du fait de sa résistance habituelle aux antituberculeux.
•    D’autres espèces de mycobactéries, comme Mycobacterium marinum, se rencontrent en milieux aqueux (ex: aquariums), et peuvent entraîner des infections cutanées, alors que d’autres mycobactéries à croissance rapide peuvent contaminer blessures et prothèses.
•    Quelques mycobactéries, comme M. bovis, peuvent se transmettre de l’animal à l’homme.

Plusieurs frottis sur lame, issus d’échantillons différents, doivent être étudiés, car la quantité de bacilles n’est pas forcément constante dans le temps. SI des BAAR sont détectés sur l’une des lames, une infection mycobactérienne est probable. Comme M. tuberculosis est la plus habituelle cause d’infection respiratoire à mycobactéries, un diagnostic fortement présomptif de tuberculose peut être posé, mais d’autres examens devront être réalisés pour identifier le BAAR comme M. tuberculosis ou une autre espèce.
Les échantillons d’un patient sont traités pour la culture dans le même temps que la recherche microscopique. Les cultures servent à faire croître les BAAR au laboratoire. Les fluides biologiques ou prélèvements de tissus sont décontaminés afin d’éliminer les autres bactéries présentes normalement dans ces milieux, puis concentrés afin d’augmenter la quantité de bactéries dans l’inoculum qui sera ensemencé sur un milieu nutritif puis mis à incuber. Les mycobactéries poussant lentement, une identification de(s) (l’)espèce(s) présente(s) peut prendre quelques jours à plusieurs semaines, tandis qu’un résultat négatif (aucune pousse de mycobactérie) ne pourra être confirmé qu’au bout de 6 à 8 semaines.

 

Comment l'échantillon est-il recueilli ?

Comme M. tuberculosis et M. avium infectent le plus souvent les poumons, l’expectoration est l’échantillon le plus habituellement analysé. Appelé aussi crachat (ou glaire), il s’agit d’un mucus épais, évacué de l’arbre pulmonaire par un effort de toux. Habituellement,  trois à cinq échantillons matinaux sont recueillis (sur autant de jours consécutifs) en récipients stériles.

Si vous êtes dans l’incapacité d’émettre une expectoration, votre médecin peut réaliser le prélèvement lors d’une bronchoscopie. Cet examen permet au médecin de prélever des échantillons tout en observant les bronches et bronchioles, qui sont les conduits reliant la trachée aux alvéoles pulmonaires, permettant ainsi l’arrivée de l’air aux poumons. Après pulvérisation d’un anesthésique local dans la trachée, le médecin insère un tube dans vos bronches et bronchioles, et aspire le mucus. Il introduira parfois une petite quantité de sérum physiologique (eau salée) via la tubulure jusque dans la bronche, puis réaspirera le produit de lavage bronchique constituant alors l’échantillon.
Comme les jeunes enfants ne peuvent pas spontanément cracher, le prélèvement pourra se faire par tubage gastrique. Ceci implique l’introduction de sérum physiologique dans l’estomac via un tube souple, suivi d’une aspiration du liquide.

Si votre médecin suspecte une tuberculose extra-pulmonaire (relativement fréquente chez les malades du SIDA), il fera analyser les liquides biologiques ou tissus les plus probablement affectés. Par exemple, vous pourrez recueillir un ou plusieurs échantillons d’urine s’il suspecte une infection des reins. Certains liquides (articulaire, péricardique, péritonéal) peuvent être ponctionnés à l’aide d’une aiguille. Dans d'autres cas, votre médecin pourra être amené à utiliser une aiguille pour réaliser une ponction de LCR ou une biopsie de tissu.


Le contenu a été actualisé le: 09.03.2011

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